Gecco dans la Voix du Nord pages ecos-Régionales

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Gecco, une PME de Seclin, veut son usine à huile de friture pour faire rouler des bus

Publié le 10/01/2014

Par YANNICK BOUCHER

A 34 ans, Julien Pilette a des visions à la tête de Gecco, sa PME seclinoise. Les huiles de fritures qu’il récolte dans les restaurants doivent pouvoir être bioraffinées pour faire rouler des bus.

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Julien Pilette dans son atelier à Seclin, un jeune entrepreneur déterminé dans sa chasse au pétrole. PHOTO MAX ROSEREAU<br />
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Il a le panache de l’opiniâtreté, le culot et la confiance allant de pair. Plus jeune, Julien grignotait son crayon en rêvant en salle de classe à l’IAE de Lille, section sciences de gestion. Il réalise en plein cours que rouler avec des huiles végétales pourrait signer l’arrêt de mort du pétrole, principal accusé dans le procès au réchauffement climatique planétaire. « C’est là que je rentre dans un délire, confesse-t-il. J’installe un bidon de 200 litres d’huile de colza sur un petit camion, avec une pompe vers le moteur ». Bonne route…

Avoir la frite

Octobre, diplôme. Mars, création d’entreprise. Gecco naît en 2007 à Seclin, zone industrielle B. Le projet s’accorde avec les valeurs de la fibre humanitaire (récolte de fonds pour les pays pauvres lorsqu’il fut plus jeune), de l’économie sociale et solidaire (emplois d’insertion), recherche du bon sens écologique (remplacer du pétrole non renouvelable par un déchet). Plus de 1 500 restaurants sont aujourd’hui collectés par les camions partenaires du transporteur social Main Forte,les huiles de palme, de tournesol ou le gras de bœuf étant récupérés gratuitement.

A Lille, un vélo triporteur fait le travail dans une activité non réglementée, sur un marché dominé par la concurrence belge. Aujourd’hui, les huiles sont toutes globalement collectées et traitées en bioraffineries (Véolia a ainsi une grosse usine près de Paris), pour des clients finaux belges ou allemands.

Bâtir une usine

Que vient donc faire Julien dans ce paysage atomisé ? Le biodiesel de Gecco est différent en ce qu’il intègre l’analyse en cycle de vie de ses huiles, leur écoconception pour un impact limité sur l’environnement. Gecco collecte 200 tonnes par an sur un gisement régional estimé à 5 700 tonnes. Une goutte d’huile. Une levée de fonds de 600 000 euros s’amorce pour construire une unité pilote de valorisation énergétique avec une collectivité partenaire qui reste à trouver, si possible, bien sûr, dans la région. Le modèle est celui de Transpole dont les bus métropolitains roulent à 30 % avec le biogaz fabriqué par le centre de valorisation organique (CVO) de Sequedin. Gecco emploie 7 salariés pour 300 000 euros de volume d’affaires. A cinq ans, l’effectif devrait tripler, comme le volume de collecte. En multipliant le chiffre d’affaires par cinq.