Le projet BIOHEC-LIFE vise à faire la démonstration d’une filière locale de production de biodiesel issu des huiles alimentaires usagées.

Le déchet est produit, collecté et valorisé sur le même territoire, dans les Hauts-de-France. Le déchet est donc géré selon les principes de l’économie circulaire. 

Au terme du programme LIFE, la filière sera dupliquée sur d’autres territoires, en France et en Europe.

À L’ORIGINE DU PROJET

L’Union Européenne a pour objectif d‘incorporer 10% d’énergie renouvelable pour le secteur des transports en 2020.

Cet objectif ambitieux a permis l’essor des premières filières de biocarburants. Or, il y a aujourd’hui une remise en cause de leur bilan environnemental. En effet, ces biocarburants, dits “de première génération”, utilisent des cultures destinées initialement à l’alimentation.

Pour éviter cette concurrence avec le secteur alimentaire, une seconde génération de biocarburants est apparue. Ces biocarburants utilisent des déchets ou des résidus végétaux. Ainsi, les huiles alimentaires usagées, déchets de l’industrie agroalimentaire et de la restauration, jouent un rôle majeur dans le développement des biocarburants de seconde génération.

 

L’ENVIE D’ALLER PLUS LOIN par une approche locale

Dès mars 2007, Gecco se lance dans la collecte des huiles alimentaires usagées auprès des restaurateurs, industriels et déchèteries des Hauts-de-France. Nous envoyions alors ces huiles vers des filières biodiesel de seconde génération classiques afin qu’elles soient valorisées. L’activité se développa très rapidement.

Quatre types d’acteur intervenaient dans cette filière :

  • Les collecteurs, qui captaient et regroupaient les gisements d’huiles,
  • Les négociants, qui réalisaient des opérations de courtage sur ce déchet spécifique,
  • Les entreprises, qui pré-traitaient les huiles (suppression de l’eau et des résidus alimentaires),
  • Les entreprises de valorisation, qui assuraient la transformation finale en biodiesel.

Mais l’éclatement et la parcellisation des acteurs induisaient des coûts environnementaux élevés, notamment par le recours massif au transport routier. Gecco décida alors de développer une nouvelle technologie pour recycler les huiles de friture en biodiesel. Cette filière respecterait l’échelle de son territoire, les Hauts-de-France.

Ainsi, les leviers d’amélioration de cette filière de valorisation étaient les suivants : 

  • Relocaliser l’ensemble des étapes sur un même territoire,
  • Transformer localement les huiles en biodiesel par un procédé  éco-conçu, plus écologique,
  • Commercialiser le biodiesel obtenu auprès des flottes de véhicules des collectivités.

Pour parvenir à mettre en oeuvre ce projet ambitieux, Gecco a choisi de travailler collectivement : le projet BIOHEC-LIFE était né !

économie circulaire des déchets de la restauration

BIOHEC-LIFE, UN PROJET COLLECTIF CO-FINANCÉ PAR L’UE

La Commission européenne co-finance le projet BIOHEC-LIFE dans le cadre du Programme pour l’environnement et l’action pour le climat LIFE. Quatre acteurs portent le projet : Pour La Solidarité, Rreuse, l’Université de Lille et l’Institut Charles Viollette, et Gecco. 

Gecco est une entreprise solidaire qui met en oeuvre des réponses concrètes aux défis de la transition énergétique.

Spécialisée dans la valorisation des déchets de la restauration, Gecco développe des boucles d’économie circulaire locales au profit de l’autonomie énergétique des territoires.

Son savoir-faire repose sur la connaissance du terrain, la recherche et développement, la vision cycle de vie et l’approche partenariale.

Pour La Solidarité (PLS) est un laboratoire d’idées et d’actions indépendant œuvrant en faveur d’une Europe solidaire et durable.

Engagé à penser le progrès social, PLS conseille les acteurs clés (pouvoir publics, entreprises et société civile) en matière d’économie sociale et solidaire, de développement durable et de diversité. Il porte également une attention particulière à la dissémination des réflexions menées.

RREUSE (Reuse and Recycling Social Enterprises in the European Union) est le premier réseau Européen d’entreprises sociales travaillant dans les domaines de la réutilisation, de la réparation et du recyclage.

La mission de RREUSE est de plaider au niveau Européen pour des politiques plus engagées en matière de réparation et de réutilisation de produits en fin de vie afin de faire reculer le plus possible le moment où ces produits seront considérés comme des déchets.

De plus, RREUSE travaille sur la législation relative à l’économie sociale. Il porte un intérêt particulier pour les emplois verts liés à l’inclusion sociale et la formation des personnes qui sont les plus éloignées du marché du travail.

L’Institut Charles Viollette (ICV) est un laboratoire de l’Université de Lille impliqué dans les domaines de la biotechnologie et du développement de procédés éco-conçus pour la transformation durable des ressources agricoles.

Il regroupe trois équipes de recherche : la première porte sur l’adaptation au stress et la qualité des plantes (Équipe ASQV) ; la seconde sorte sur la qualité et la sécurité des aliments (Équipe QSA) ; enfin, la dernière porte sur l’ingénierie enzymatique, microbienne et des procédés (Équipe ProBioGEM).

L’ICV se compose de 81 membres permanents et d’une cinquantaine de contractuels (PhD, Post-doc, Ingénieurs, etc.).

DES OBJECTIFS AMBITIEUX

  • Réduire les impacts environnementaux et créer de l’emploi.
  • Construire un prototype éco-conçu permettant la production de biodiesel à partir des huiles usagées.
  • Valider le modèle de transformation et de distribution du biodiesel auprès des flottes professionnelles.
  • Tester et valider le biodiesel sur des véhicules appartenant à des collectivités partenaires.
  • Accroître la collecte des huiles de friture provenant du grand public.
  • Rechercher des partenaires pour une réplication en France et en Europe.

Le projet BIOHEC-LIFE en vidéo

Pour en savoir plus, vous pouvez télécharger la brochure de présentation du projet.