Coup de projecteur sur Michel MILLARES

La conférence du 15 mars 2017, organisée au Comité Economique et Sociale Européen (CESE) par Pour la Solidarité- PLS permettra de présenter au public le projet BIOHEC-life coordonné par Gecco. A cette occasion, le co-fondateur de GECCO, Michel Millares, a accepté de répondre à nos questions afin de nous expliquer la singularité de ce projet.

1. QUEL EST L’ENJEU DE L’ACTION DE GECCO EN MATIÈRE D’ÉCONOMIE CIRCULAIRE ? 
Gecco est spécialiste de la collecte et de la valorisation des déchets de la restauration : les huiles alimentaires usagées (huiles de friture), le marc de café et les bios déchets (déchets fermentescibles). Ces déchets sont valorisés en énergies renouvelables: les huiles alimentaires usagées en biodiesel, le marc de café en bûchettes et granulés pour poêles à bois, les déchets de cuisine en biogaz.
Notre valeur ajoutée repose sur plusieurs facteurs :

  • La maîtrise de la collecte, dès le premier kilomètre,
  • Une recherche et développement intégrée, innovante et respectueuse de l’environnement.
  • Notre travail sur l’analyse du cycle de vie a ainsi permis de réduire les émissions de CO2 de notre biodiesel de 93% par rapport au gazole et 70% par rapport aux biodiesels agricoles,
  • Notre capacité à transformer des déchets en énergies renouvelables,
  • Notre savoir-faire dans la mise en réseau d’acteurs complémentaires pour créer des boucles d’économie circulaire locales.

    La réalisation de notre projet d’entreprise contribue à la transition énergétique en alimentant plusieurs branches du bouquet d’énergies renouvelables et en permettant à nos partenaires d’en retirer un bénéfice économique (création de richesses), social (création d’emplois) et environnemental (réduction des émissions de GES).
    Le projet BIOHEC permet de concrétiser la filière de biocarburant en région Hauts de France grâce au partenariat avec la Ville de Lille qui va utiliser le biodiesel de Gecco dans ses véhicules (autocars et engins de nettoyage urbain).

2. QUELLES SONT LES CARACTÉRISTIQUES QUI FONT DE GECCO UNE « ENTREPRISE SOLIDAIRE D’UTILITÉ SOCIALE » ?
Nos valeurs fondatrices affirment la primauté de l’homme et de l’environnement sur le profit financier.
L’ensemble des associés et du personnel partage ces valeurs et se reconnaît dans le projet de l’entreprise. Ceci se traduit notamment sur l’échelle des salaires au sein de l’entreprise, qui respecte les critères de la loi de 2014 sur les entreprises solidaires d’utilité sociale.

Nous mettons en œuvre une gouvernance participative dans les prises de décisions en consultant les associés et les salariés. Le capital de l’entreprise est d’ailleurs ouvert aux salariés.
Gecco se définit comme une entreprise « insérante » : 80% des personnes recrutées depuis la création sont issues du chômage, de la formation et de l’insertion. Plusieurs sous-traitants de Gecco sont des entreprises d’insertion.

L’action de Gecco vise à accroître l’autonomie énergétique des territoires par la mise en œuvre de boucles d’économie circulaire de production d’énergie renouvelable à partir de déchets. La production de biodiesel est notamment destinée aux flottes de véhicules des collectivités, afin de contribuer à les rendre moins polluants, moins émetteurs de gaz à effet de serre et moins dépendants des énergies fossiles.
Enfin, notre action s’inscrit dans une démarche collaborative sur chaque territoire, en mettant l’ensemble des acteurs autour de la table.

3. QUELLES SONT LES AMBITIONS EUROPÉENNES DE GECCO AU TRAVERS DU PROJET BIOHEC-LIFE ? 
Les boucles d’économie circulaire développées par Gecco sont transposables dans tous les territoires, puisque les déchets et les besoins en énergie sont présents partout. Conscient de ceci, le Groupe Mc Cain soutient le projet de Gecco dans le cadre de sa politique de RSE depuis 2014.
BIOHEC-Life permettra ainsi de déployer en Europe notre modèle économique, social et environnemental, de décupler notre action en faveur de la transition énergétique et sociale et de contribuer à l’atteinte des objectifs européens de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Interview réalisée le mercredi 15 février 2017